Les dépenses en mode d’urgence en RDC : entre transparence et usage abusif des fonds publics
Les dépenses publiques en mode d’urgence se multiplient en République Démocratique du Congo. Si elles sont parfois nécessaires face à des situations exceptionnelles, leur utilisation répétée et opaque soulève de sérieuses inquiétudes sur la gestion des fonds publics et la dérive vers l’arbitraire.
En République Démocratique du Congo, le recours au mode d’urgence dans l’exécution des dépenses publiques est devenu une habitude. Ce mécanisme, censé répondre à des besoins pressants — catastrophes naturelles, crises sécuritaires ou urgences sanitaires —, semble aujourd’hui servir de paravent à l’opacité et au contournement des règles de la dépense publique.
Ce qui devait être l’exception tend à devenir la norme, au grand dam des principes de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance.
Plusieurs observateurs dénoncent un système où les contrats se signent sans appel d’offres, où les fonds se débloquent sans contrôle préalable, et où les dépenses échappent à toute traçabilité. Dans un pays où les besoins sociaux restent immenses — infrastructures, santé, éducation —, chaque franc public mal utilisé représente une trahison du bien commun.
Le gouvernement congolais affirme agir dans l’urgence pour accélérer l’action publique. Mais la vraie urgence, aujourd’hui, est celle de la transparence. Sans contrôle ni reddition de comptes, les dépenses d’urgence risquent de devenir un instrument de favoritisme, voire un moyen de détournement, plutôt qu’un levier de développement.
L’État doit montrer l’exemple en publiant les montants, les bénéficiaires et les résultats de ces dépenses. Car la confiance du citoyen ne se décrète pas : elle se gagne par la clarté dans la gestion du bien public.
En RDC, l’urgence ne devrait pas être un prétexte pour contourner les règles, mais une raison supplémentaire pour les renforcer.
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