Dialogue national : Henri-Christian Longendja plaide pour une amnistie des exilés politiques
À l’heure où les appels en faveur d’un dialogue national inclusif se multiplient en République démocratique du Congo, le secrétaire exécutif du Collectif 24, Henri-Christian Longendja, plaide pour l’élargissement du processus à toutes les forces vives du pays, y compris les opposants en exil et certaines personnes condamnées pour des faits à caractère politique.
Dans une intervention consacrée aux conditions de réussite d’un dialogue susceptible de contribuer à la paix et à la cohésion nationale, cet acteur de la société civile propose au chef de l’État de prendre une mesure d’amnistie en faveur des exilés politiques et des condamnés politiques. Selon lui, cette initiative permettrait à ces acteurs de regagner le pays et de prendre part aux discussions sur l’avenir de la RDC.
Pour Henri-Christian Longendja, l’objectif d’une telle mesure ne serait pas de consacrer l’impunité, mais de créer les conditions nécessaires à une sortie de crise. Il estime que même les acteurs ayant pris les armes devraient, sous certaines conditions, être associés au processus, afin de comprendre leurs revendications et de privilégier la voie du dialogue à celle de la confrontation armée.
« Les armes ne sont pas une solution », soutient-il, appelant à transformer le dialogue en un véritable cadre de recherche de solutions aux crises qui minent le pays.
Le secrétaire exécutif du Collectif 24 insiste également sur la nécessité d’une participation la plus large possible. Au-delà des responsables politiques et des acteurs armés, il souhaite voir les syndicats, les enseignants, les fonctionnaires et d’autres composantes de la société civile prendre part aux échanges. Pour lui, la paix ne saurait être réduite à la seule cessation des affrontements armés, alors que des tensions sociales persistent dans plusieurs secteurs.
Il appelle ainsi les participants à aborder sans détour les principales questions qui divisent la société congolaise, notamment la Constitution, les élections, la gouvernance, la lutte contre la corruption et le vivre-ensemble. L’enjeu, estime-t-il, est de parvenir à des engagements susceptibles de poser les bases d’un Congo plus stable et tourné vers l’avenir.
Par ailleurs, Henri-Christian Longendja invite les forces politiques et sociales favorables au dialogue à privilégier désormais les discussions plutôt que les manifestations de pression. Selon lui, dès lors que le pouvoir ouvre la porte au dialogue, la priorité devrait être donnée à la convergence des différentes forces autour de la table des négociations.
« C’est comme si vous forcez une porte qui est déjà ouverte », fait-il observer, estimant que la multiplication des manifestations pourrait alimenter la méfiance et laisser croire à l’existence d’agendas cachés.
Pour le Collectif 24, la réussite d’un dialogue national dépendra donc moins de la pression exercée dans la rue que de la capacité des protagonistes à accepter une discussion inclusive, sincère et orientée vers la recherche de solutions durables aux crises politique, sécuritaire et sociale que traverse la RDC.
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